Le Film

Parlons brièvement du film lui-même. Personnellement, j'avais lu ici et là des critiques sur Avatar avant d'y aller. J'étais donc au courant que le scénario était archi-convenu, sorte de grande ôde à la nature, contre des hommes avides de ressources/pouvoir/richesses et peu enclain à considérer les dégâts qu'il produit. Bref ... grand classique du film américain. Il n'empêche, le fait d'avoir lu ces critiques avant, m'a permis de faire abstraction de cela, et de profiter pleinement des deux choses essentielles du films : la beauté des images et l'immersion 3D.

Les images

James Cameron aidé du studio d'effet spéciaux de Peter Jackson a fait un travail remarquable sur la qualité, la profondeur et le détail des images de synthèse qu'il nous balance dans les mirettes. J'avoue (et pourtant je suis assez difficile sur ces genre de choses) que j'ai été surpris. Les paysages sont à couper le souffle, dans les moindres détails, les personnages sont très bien modélisés/texturés/animés. Un point important n'a pas été oublié par Cameron et mais bien souvent ignoré par d'autres : les mains. L'animation des mains et des mouvements des doigts est souvent mal rendu dans les films synthétisant des êtres humanoïdes, regardez bien, vous comprendrez ce que je veux dire. Là aucun soucis, l'animation est parfaite. Cela est probablement du à l'utilisation du motion-capture sur de vrais acteurs pour animer les personnages fictifs. Bref, si vous en voulez pour votre argent de ce côté là, vous ne serez pas dessus. James Cameron a bien dépensé (et rentabilisé) ces 400 millions de dollars de budget.

La 3D

Là est le coeur du projet. Soyons franc avant de continuer sur cette partie : le résultat obtenu n'est franchement pas différent de ce que l'on pouvait voir il y a plus d'une dizaine (quinzaine !) d'années au futuroscope de Poitiers. La technologie n'a vraissemblablement pas changé. Seuls la qualité, l'intensité et la durée du contenu changent la donne. Mais passons ce point. Cela permet juste de faire une simple idée du temps qu'il faut à une technologie pour se frayer un chemin dans le monde du cinéma.

Parlons du système. Je ne sais pas comment ça se passez niveau projecteur même si j'imagine qu'il faille le règler d'une certaine manière, mais je pense que le gros du travail réalisé (et à réaliser!) se trouve au niveau des lunettes qui vous sont prêtées à l'entrée de la salle. Je sais qu'il existe plusieurs systèmes (4 il me semble), mais pour ma part, j'ai eu droit à celui de la société XpanD, paraît-il l'un des plus onéreux sur la marché car utilisant une technologié de polarisation active. Voici donc, les montures que j'ai du enfourcher pour voir Avartar

Lunettes XpanD

Parlons des choses qui fâchent tout d'abord : le confort. Vraisemblablement le point chaud à corriger le plus rapidement possible pour ces constructeurs. Sans être des instruments de torture, ces lunettes sont lourdes et deviennent désagréables à porter au bout d'un certain temps (encore plus désagréable pour une film qui dure 2h40 comme Avatar). Elle font mal au nez et ne s'adaptent pas forcément bien à toutes les morphologies. Comme second défaut je dirais que l'utilisation de telles lunettes (ceci est probablement général à tous les types de lunettes) provoque une baisse de contraste et de luminosité de l'image. Même si cela ne gâche rien au final, ces baisses sont perceptibles. Enfin, et je pense que cela restera longtemps un problème de la 3D à grande échelle et sur une longue durée, il faut avouer que pour certaines personnes encore, voir un film avec ces lunettes peut provoquer des mots de têtes gênants. Cela dit, je nuancerais cette critique par l'observation que j'ai pu faire durant les 40 première minutes du film: l'oeil humain désire par dessus tout quand il fixe une image, faire le point sur le sujet principal qu'il fixe. Comme sur une appareil photo. Il le fait instinctivement, c'est un réflexe acquis de longue date. Hors, pour un film 3D, l'oeil continue de vouloir faire cette mise au point lui-même, berné qu'il est par l'illusion de la 3D. Mais il ne le peut pas et c'est là la rélle différence avec le monde réel, car c'est le film qui décide sur quel sujet il faut faire la mise au point et non pas votre oeil. Je pense que c'est cela qui peut donner mal à la tête. Il faut donc essayer de laisser votre oeil se faire guider par le film. C'est ce que j'ai réussi à faire au bout d'une heure de film et là ... j'ai réellement pu profiter de cette oeuvre magnifique.

Parlons du reste maintenant, et de formidable expérience qu'est la 3D. Comme toute nouvelle technologie, celle-ci ne fait pas l'unanimité. Sur les 4 personnes que nous étions a aller voir le film, nous n'étions que 2 a avoir trouvé cela génial. Les 2 autres ayant trouvé cela sympas mais sans réel intérêt. Mon impression personnelle ? Je trouve cela fantastique. L'immersion dans la film, l'impression de pouvoir toucher les personnages, d'être réellement à leurs côté, de voler avec, d'avoir le vertige avec eux, de pouvoir toucher du bout des doigts ces petite lucioles qui, la nuit tombée, viennent éclairer la forêt et passent devant vos yeux de spéctateurs comme si elles venaient de derrière votre tête ... si je devais qualifier cette expérience en deux mots, se serait : Immersion Totale. Rien que pour vivre cela, il faut aller le voir.

Conclusion

J'estime que le pari de Cameron est largement réussi. Venant de sa part, cela ne m'étonne pas. Avatar, comme cela a été dit bien souvent depuis sa sortie, a été produit en grande partie pour permettre l'émergence et la démocratisation de la technologie 3D dans le cinéma grand public (sans parler des objectifs anti-piratage de l'industrie ciné ... dont les espoirs seront réduits à néant dans quelques temps, j'en prends le pari), c'est pour cela qu'il est très réussi et qu'il va gagner son pari. Mais c'est aussi cela qui me fait peur. Voyant le Saint-Graal de la 3D déferler sur les cinémas du monde entier, je pense que de nombreux films vont attérir dans nos salles estampillés "3D" sans qu'ils aient, pour autant, été produit avec la même qualité qu'Avatar. Il faudra alors bien faire le tri parmi les oeuvres qui mériteront le déplacement dans une salle 3D et celles qui ne le mériteront pas.